« Si je suis où je suis aujourd’hui, Esterel Caravaning n’y est pas étranger. »
– Alban Eraclas, fidèle depuis 1977
Une part d’enfance
J’avais deux ans et demi lorsque mes parents nous ont amenés ici pour la première fois. C’était en 1977, un an après l’ouverture. Mon père, Jean-Louis, était représentant. Il installait la caravane, repartait travailler, et revenait nous retrouver dès qu’il pouvait. Ma mère, Dominique, restait avec nous. On passait deux mois chaque été.
Mes parents ont essayé de nous emmener ailleurs. Ça ne s’est jamais bien passé. On voulait absolument revenir. Pour les copains et la liberté, avant tout ! Le camping était tellement au cœur des vacances que même aller à la plage pouvait être vécu comme une corvée : tout se passait au camping, avec les amis, la piscine, le clubhouse et les activités. Seule contrainte : revenir à l’heure pour déjeuner et dîner…
En juillet, c’était les Allemands, les Anglais, les Hollandais. En août, les Français. Deux mois, deux mondes. On faisait des efforts en anglais, en allemand toute l’année scolaire, pour se faire comprendre pendant les vacances. J’y pense souvent quand je regarde ma carrière : directeur qualité groupe, postes internationaux, Allemagne, Pologne, Slovaquie. Ce goût de l’interculturalité, il vient de là, j’en suis convaincu.

Une deuxième famille
Le samedi, c’était la cérémonie des départs. Nous étions une bande de gamins de 8, 9, 10 ans. On s’installait tous sur les escaliers de la réception et on regardait partir les uns, arriver les autres. On pleurait les premiers, on scrutait les seconds. En perdre quelques-uns, en trouver d’autres. C’était la vie du camping, condensée en un samedi matin. J’ai noué à cette époque des amitiés fortes que je garde encore aujourd’hui, comme une deuxième famille.
Et puis il y a eu les premiers flirts, bien sûr. Les premières émotions de l’été, vécues ici, entre deux baignades et une soirée dansante. Il m’arrive aujourd’hui de croiser d’anciennes petites amies dans les allées du camping, tous en famille avec nos enfants et petits-enfants dans les jambes. Ma femme le sait, l’accepte et trouve ça plutôt drôle…


Campeur puis animateur
À partir de la fin des années 80, j’ai commencé à travailler ici. Tout minot, j’ai ramassé les verres d’abord, puis j’ai aidé au restaurant. Ensuite, je suis devenu animateur, puis responsable d’animation pendant une dizaine d’années. Ces deux mois de travail ont financé mes années de classe prépa et d’école d’ingénieur. Mais ce n’était pas que du travail. Mon métier, c’était de m’amuser et d’emmener tout le monde avec moi. J’ai même recruté des copains, et mes deux frères aussi.
Pour annoncer les soirées, on faisait le tour du camping vers 18 h sur un DAX, à deux. J’y allais parfois avec ma 2CV et, plus d’une fois, en remontant à mon mobil-home, je trouvais ma voiture entourée de papier toilette. On s’amusait, c’était bon enfant. Le contact avec les vacanciers, c’était tout : apprendre à gérer une équipe, à fédérer, à aller vers l’autre. Des compétences essentielles, dont j’ai eu besoin plus tard dans chacun de mes postes, sans vraiment m’en rendre compte.
En 2016, je suis revenu pour les 40 ans du camping. À cette occasion, j’ai rencontré Valentin, qui était animateur. Il me dit : « Tu sais Alban, quand j’étais gamin, j’étais au bord de la scène et c’était toi qui étais sur la scène d’Esterel. » J’étais content qu’il me reconnaisse et flatté, mais quel coup derrière la tête !


Tout un réseau
J’y suis revenu avec mes enfants, puis avec mes petits-enfants. Nous avons troqué la caravane des parents pour une location de mobil-home. Ma femme, qui était convaincue par les vacances en Bretagne, a fini par céder après quelques étés pluvieux. Aujourd’hui, elle en sait plus que moi sur le camping. Aux derniers quiz des 50 ans, elle m’a devancé deux fois de suite ! Mes filles, Ambre et Ève, ont attrapé le virus à leur tour. Elles y ont leurs propres souvenirs, leurs propres amitiés. Et elles parlent même de venir y travailler un été.
Les amitiés d’ici ne s’éteignent pas. J’ai, par exemple, fait travailler dans mon entreprise Greg Delmer, d’une des plus vieilles familles du camping. Un autre ami d’enfance du camping, devenu dessinateur de BD, participe à un festival que j’organise dans ma ville. Des amis belges que je vais voir en Belgique. Des groupes Facebook d’anciens qui continuent de s’alimenter très régulièrement. Esterel Caravaning a créé un réseau solide, international, qui tient depuis cinquante ans. Et ça, c’est magique !




Entre nous : La bataille de mousse à raser

Tout avait commencé innocemment : deux ou trois gamins qui attendaient le DAX des animateurs avec des pistolets à eau. Le lendemain, ils étaient plus nombreux. Puis les parents les ont rejoints avec des seaux. Avec l’équipe d’animation, nous avons riposté avec le camion et des poubelles remplies d’eau. Le lendemain, on nous attendait avec de la mousse à raser. Ça montait crescendo, sans qu’on puisse vraiment arrêter l’engrenage.
Aurore a tranché : il fallait une grande finale pour faire redescendre l’escalade sans pour autant casser l’ambiance. On a organisé une bataille de mousse à raser géante, dans le bas du camping, sur le terrain de volley. Tout le monde contre tout le monde : vacanciers, animateurs et la direction dans la mêlée.
L’épicerie du camping nous en a voulu quelques jours : elle avait été complètement dévalisée !
– Aurore



