« Ma maison est accrochée à un rocher de l’Estérel »
Un bout de planète à part
Il y a 250 millions d’années, à l’époque où tous les continents n’en formaient qu’un seul, le sol de ce qui deviendrait la Provence s’est fracturé. Le magma est remonté par de longues fissures, des dômes volcaniques. Ce que vous voyez aujourd’hui depuis la Corniche d’Or, ces roches rouges qui plongent dans la mer, ces aiguilles déchiquetées, ces criques noir et carmin, c’est l’empreinte de cet opéra volcanique.
La roche s’appelle la rhyolite. Sa couleur vient de l’oxydation du fer. Elle est unique en Méditerranée et des géologues viennent du monde entier pour l’étudier.
Grand Site de France
Le massif de l’Estérel s’étend sur 32 000 hectares entre Saint-Raphaël, Fréjus, Mandelieu et le pays de Fayence. Son point culminant, le Mont Vinaigre, plafonne à 618 mètres. Très peu d’endroits au monde offrent ce mélange : un volcanisme aussi visible, la mer, des couleurs incroyables, une biodiversité remarquable (tortues d’Hermann, lézards ocellés, aigles, orchidées sauvages…) et une proximité immédiate avec des zones habitées.
C’est pour tout cela que le massif est aujourd’hui candidat au label Grand Site de France, aux côtés du Pont du Gard, de la Pointe du Raz ou du Puy de Dôme.

C’est une maison rouge
Pour moi, l’Estérel, ce n’est pas qu’un paysage. C’est d’abord mon enfance. Ma maison – celle que mon père avait faite construire – est accrochée à la roche rouge, à tel point que deux pièces ont la roche pour mur. Derrière, il y a le pierrier. C’est là que mon père m’emmenait grimper toute petite, les deux mains dans la rhyolite.
C’est dans ce massif qu’il ramassait les cailloux lorsque l’on construisait le camping. Les gros, il les dressait comme des menhirs. Les petits, je les gardais dans ma chambre. C’étaient mes trésors : des quartz, des jolis cailloux rouges. Je m’inventais mille histoires avec mes « pierres précieuses ».
La Côte d’Azur sauvage
On parle souvent de la Côte d’Azur comme d’un lieu bétonné. Mais 80 % du territoire de Saint-Raphaël, c’est le massif de l’Estérel. Depuis le camping, des sentiers partent dans toutes les directions, vers des petits lacs cachés, une grotte empreinte de légendes, une piscine naturelle au fond d’un vallon.
Esterel Caravaning offre à tous ses clients le guide des « Sentiers d’ici », édité par Estérel Côte d’Azur, pour explorer le massif à pied, à vélo ou à cheval. Parce que séjourner ici, c’est avoir toute cette nature extraordinaire à portée de main. Les odeurs de la garrigue, les iris sauvages, les orchidées selon les saisons. Les couleurs des rochers qui changent à chaque heure du jour, rouges au coucher du soleil, presque noirs le matin quand la lumière ne les touche pas encore.

Sophie et ses petits
À Esterel Caravaning, en octobre, on entend le brame du cerf depuis les emplacements. Tout près, il y a une plaine que les locaux appellent justement « la plaine des cerfs ». Les biches traversent en silence. Il n’est pas rare de croiser des sangliers.
Durant des années, avant qu’on clôture sérieusement le domaine, toute une famille de sangliers débarquait dans les nuits d’été. On la croisait dans les allées du camping, parfois sur les terrasses des mobil-homes. On avait fini par leur donner des prénoms : Sophie et ses petits, Riri, Fifi, Loulou. On en a même fait une peluche disponible à la boutique !
Entre nous : « Le nombre de fois où je me suis cassée la figure »

À douze ans, j’avais un cheval. Mon père en avait eu assez de me conduire chaque semaine à Roquebrune pour mes leçons d’équitation. Il avait solutionné le problème en installant un ranch pour les vacanciers d’Esterel Caravaning. Vous imaginez bien que j’ai de suite adhéré à cette idée !
Je partais dans l’Estérel aux aurores avec mon cheval. La résine des pins chauffée par le soleil naissant, le thym écrasé sous les sabots, la terre rouge encore fraîche de la nuit. J’avais l’impression d’avoir le massif pour moi toute seule.
Je suis d’un naturel casse-cou, et le massif ne pardonne pas les cavalières trop pressées. Je descendais des pierriers et vallons abrupts. Je me suis retrouvée au sol plus d’une fois. Mais cela ne m’a jamais arrêtée !
– Aurore


