« La technologie ne pourra pas automatiser l’émotion »
– Aurore Laroche
50 ans, et maintenant ?
Voilà. 50 étés sont passés. 50 saisons de familles, de fidèles, d’enfants devenus parents qui reviennent avec leurs propres enfants. Aujourd’hui, j’ai envie de regarder vers l’avenir. Parce que les 50 prochaines années m’interrogent autant que les 50 qui viennent de s’écouler. À quoi ressemblera l’hôtellerie de plein air en 2076 ? Qu’est-ce qui aura disparu, qu’est-ce qui sera né ?
Ce que l’IA ne fera jamais
On parle beaucoup d’intelligence artificielle ces derniers temps. Je ne nie pas ce qu’elle change – dans les méthodes de travail, dans les outils, dans la façon d’organiser une entreprise. Mais il y a quelque chose qu’elle ne fera jamais. Elle ne vous accueillera pas. Elle ne vous donnera pas la chaleur d’un sourire à l’arrivée. Elle ne vous fera pas vivre l’expérience d’une soirée sur le patio, d’un apéro avec les voisins d’emplacement, d’un matin dans la garrigue avec l’odeur des pins chauffés par le soleil.
Demain, on pourra mettre un masque de réalité virtuelle sur son canapé et simuler n’importe quel voyage. Mais on ne reproduira jamais la chaleur du soleil sur la peau, le bruit de l’eau, le rire d’un enfant, la rencontre avec les autres. Ce que vendent les campings, ce n’est pas un simple hébergement. C’est une expérience tout ce qu’il y a de plus réelle.

L’hôtellerie de plein air a de l’avenir
Je crois sincèrement que l’hôtellerie de plein air traversera mieux les prochaines décennies que l’hôtellerie traditionnelle. Parce qu’elle offre ce que l’IA ne peut pas donner : le contact humain, la liberté, l’air, la nature.
De récentes études le confirment : 79 % des vacanciers jugent l’air et l’extérieur essentiels à leur détente. Les campings quatre et cinq étoiles affichent aujourd’hui un taux d’occupation supérieur à toutes les autres catégories. Le marché est en train de valider quelque chose que l’on a toujours eu ici : le confort ET la nature, le service ET la liberté, l’intimité ET le collectif.

Recréer du lien, toujours
Depuis 50 ans, Esterel Caravaning fait quelque chose que peu d’endroits savent faire : il crée du lien. On arrive seuls en famille, on repart avec des amis. On revient l’année suivante et l’on retrouve les mêmes visages, les mêmes voisins, les mêmes rituels. À l’heure où chacun vit de plus en plus replié sur lui-même, derrière ses écrans, c’est précieux. Ici, il y a de la vie, beaucoup de vie.
Ici, le camping est multigénérationnel : grands-parents, parents et enfants peuvent vivre des vacances différentes en un même lieu… et se retrouver tous ensemble le soir.
Et puis, regardez ce qui se passe depuis quelques années : de plus en plus de familles viennent de Nice, de Marseille, à moins d’une heure de chez elles. Pas parce qu’elles n’ont pas les moyens de partir loin. Mais parce qu’en arrivant ici, elles sont dépaysées. Vraiment.

La vision pour les 50 prochaines années
Ma conviction pour l’avenir tient en quelques mots : technologie invisible, expérience visible, humain indispensable. L’IA travaillera en coulisses pour la maintenance, les flux, l’anticipation des besoins, la personnalisation. Pour libérer du temps aux équipes afin qu’elles fassent ce que les machines font mal : regarder, écouter, accueillir, rassurer, surprendre et créer des souvenirs.
La nature, elle, ne sera plus simplement le décor. Elle deviendra une partie de l’infrastructure. L’ombre, les arbres, la biodiversité, l’air, l’eau, tout ce que nous construisons depuis cinquante ans aura encore plus de valeur demain, dans un monde qui se cherche des espaces de respiration.
Pour les cinquante prochaines années, la mission reste la même : offrir à chaque client qui pousse notre barrière un endroit où il se sent chez lui, surpris, dépaysé, accueilli. Continuer à innover, à planter, à construire, à inventer. Et faire de la chaleur humaine le cœur de notre travail à Esterel Caravaning.
Entre nous : Merci
C’est la dernière newsletter de cette saison. 21 épisodes. 21 rendez-vous depuis le mois de mars. Je voulais juste vous dire merci.
Vous avez été nombreux à nous lire tout au long de cet été. Nombreux à nous écrire, à nous raconter qu’une anecdote vous avait fait sourire, qu’un visage vous avait rappelé un souvenir, que vous attendiez l’épisode suivant avec impatience.
Cette saga s’arrête aujourd’hui avec cette saison exceptionnelle. Mais l’histoire, elle, continue : dans un livre qui rassemblera ces cinquante années de mémoire, de portraits et d’anecdotes. La suite, on continue à l’écrire ensemble.
À très vite.
– Aurore


